Voulez-vous un président de droite otage de la gauche ?

Publié le 21 Octobre 2016

Alain JuppéPar antisarkozysme, une partie des électeurs de gauche sont tentés de participer à la primaire de la droite et du centre pour éliminer Nicolas Sarkozy de la compétition et faire élire un candidat “gaucho-compatible”.

D’un point de vue déontologique, une telle participation est choquante. Rappelons que dans le processus de vote, tout électeur de la primaire doit, préalablement au vote, signer une déclaration sur l’honneur attestant son attachement aux valeurs de la droite et du centre. Tout électeur de gauche qui votera à la primaire de la droite et du centre mentira donc sciemment ; admettez que cela est pour le moins troublant. Quant aux candidats à la primaire qui encouragent ces parjures et par conséquent cette fraude électorale, ne trahissent-ils pas l’équité et l’esprit du scrutin ?

Mais, il y a pire. En effet, d’un point de vue politique, cette participation rendra débiteur de la gauche un vainqueur de la primaire de la droite et du centre qui aurait accueilli, sinon suscité, des voix de gauche.

Imaginons qu’Alain Juppé, profitant de ce bourrage d’urnes, remporte la primaire, puis l’élection présidentielle. Au moment d’entamer les réformes (ce qui revient en France à bousculer les rentes et corporatismes dont les syndicats de gauche se veulent les protecteurs), les électeurs de gauche, qui auront fait de Juppé le candidat de la droite, sauront rappeler à leur “champion” ce qu’ils lui doivent. Cette demande sera en outre renforcée et légitimée par le second tour de la présidentielle si, ce qui est probable, la gauche en est absente. Les appels de la gauche à voter Juppé pour faire barrage au FN transformeront le trucage de la primaire en un pacte tacite. Juppé ne sera plus dès lors le candidat de la droite et du centre ayant gagné l’élection présidentielle, mais l’otage de la gauche qui saura lui rappeler qu’ayant participé à son succès, du premier tour de la primaire jusqu’au second tour de la présidentielle, il doit aménager sa politique en fonction de cette créance électorale. La créance se fera dès lors impuissance.

Les 20 et 27 novembre, je tiendrai un bureau de vote et ne pourrai m’opposer à ce qu’un électeur de gauche soit parjure. En revanche, pour éviter qu’un président de droite ne soit l’otage de la gauche, il nous revient de choisir un candidat dont la clarté des propositions et le respect de l’esprit de la primaire (laisser les électeurs de droite et du centre choisir, et eux seuls) m’assureront qu’un président de droite pourra mener une politique de droite.

Valéry Denis

Adjoint au maire de Troyes

Conseiller départemental de l'Aube

centriste-et-sarkozyste.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Primaire

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