Henri Guaino: « Je demeure plus que jamais candidat à l'élection présidentielle »

Publié le 16 Janvier 2017

Le régime des partis et la petite clique des politiciens qui est à sa tête se crispent.
Cette crispation serait risible si elle n'annonçait pas, comme toujours, la catastrophe démocratique.

Anecdote dérisoire mais révélatrice : hier, François Fillon et ses amis ont fait adopter par le conseil national des Républicains, au milieu d'une longue liste d'investitures, la suspension de mon investiture aux prochaines législatives, qui avait été avalisée comme député sortant par la commission nationale d'investiture sous la direction précédente, présidée alors par Christian Estrosi.

La menace a été clairement formulée par Jean-François Lamour, nouveau président de cette commission : ou bien je cesse de critiquer un programme que je juge être un contresens économique, social et moral, incompatible avec mes engagements de toujours, je me retire de la campagne présidentielle et je fais allégeance, ou bien mon investiture me sera retirée.

Je ne suis pas autrement surpris de l'attitude des politiciens prêts à tout pour plaire au prince susceptible de leur octroyer le portefeuille ministériel qu'ils attendent depuis si longtemps.
Mais pour être élu Président de la République, il faut au moins avoir l'air d'en être digne.
Certains ont plus de mal que d'autres à dissimuler qu'ils ne le sont pas.

Je crains fort que ce coup de pied de l'âne, qui n'a pu être donné que sur l'ordre de François Fillon, ne soit révélateur d'une personnalité. Imagine-t-on Jacques Chirac menacer, en 1995, Edouard Balladur de lui retirer son investiture aux prochaine législatives? L'imagine-t-on agiter cette menace sous le nez de Michel Debré en 1981?
Mais Jacques Chirac savait que pour un candidat à la présidentielle, le ridicule tue. François Fillon et ses amis ne semblent pas en avoir conscience.

Ils n'ont pas l'air non plus d'avoir compris que le caporalisme, loin d'être une preuve d'autorité est, au contraire, une preuve de faiblesse. Depuis le lendemain des primaires, beaucoup s'interrogent au sein même des Républicains sur le programme du candidat désigné par la
primaire. Chacun sent, depuis, la nécessité d’une alternative à droite. Je n’y arriverai pas seul, mais c’est le sens de ma candidature : sans alternative, l’élection présidentielle se jouera entre Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Ce ne sera pas moi qui aurait affaibli la droite en la "divisant" - vieil argument de tous les politiciens, qui oublient que le sujet ce n'est pas la droite mais la France.
Faire passer son pays avant tout, tel est mon honneur, celui de la politique et celui des hommes d'Etat.

Enfin, comment ne pas être étonné par si peu de sens psychologique ? Quel esprit raisonnable peut penser un instant que je pourrais reculer devant un chantage aussi minable ?
Le problème de ces gens là, c'est qu'ils croient que tout le monde est fait comme eux.

Eh bien, ce n'est pas le cas.
Je ne suivrai pas ces politiciens qui nous ramènent sans le savoir à la IV ème République.
Dans la Vème, l'élection présidentielle est au-dessus des partis et des camps.

Je demeure plus que jamais candidat à l'élection présidentielle et j'appelle à se joindre à moi tous les Français de bonne volonté qui refusent que cette élection soit confisquée par un petit clan de politiciens rompus aux manoeuvres d'appareil.

Henri Guaino

 

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Les Républicains, #Présidentielle

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