LETTRE OUVERTE A D. FASQUELLE, Trésorier de LR

Publié le 26 Décembre 2016

Cher Monsieur,

Je fais suite à vos vœux accompagnant votre demande de donation.

Je suis militant depuis 1975, date à laquelle j’ai quitté les Républicains Indépendants, dont j’étais un des responsables départementaux et régionaux, pour rejoindre le RPR de l’époque.

C’était du temps d’Aymeric SIMON-LORIERE, jeune et fougueux député maire de Sainte Maxime, candidat aux Municipales de Toulon contre le maire sortant, Maurice ARRECKX, (qui fut plus tard condamné et emprisonné pour divers délits plutôt graves car il était de notoriété publique le « parrain » du Var, complice quasi officiel de l’ennemi public n° 1 du Sud et Sud-Est de la France, Jean-Louis FARGETTE, dit « le Grand » ou « savonnette ») mais qui, en ce temps-là, bénéficia de l’Investiture R.I. octroyée par l’excellent M. PONIATOWSKI, de sort qu’il fut réélu, et même déclaré du jour au lendemain Président départemental des Républicains Indépendants, ce qui motiva de ma part la création d’une Fédération RI dissidente puis mon passage au RPR.

Entretemps, dès octobre 1974, VGE avait entrepris un virage à gauche dont les jeunes Giscardiens eurent la primeur, leur congrès fin octobre à la Mutualité devant entériner la création du mouvement « Génération Socialiste et Libérale » dont les statuts étaient ronéotypés et prêts à être distribués aux présidents des Fédérations des JRI dont j’étais, après un vote considéré comme pure formalité prévu le lendemain. Les petites mains chargées de piloter cette Haute Trahison n’étaient autres que l’un des fils de VGE, mais aussi Jean-Pierre RAFFARIN, déjà gros et déjà dégoulinant, et puis Dominique BUSSEREAU, parachuté Président national et qui fera forte impression lors de son bref passage au ministère des transports !!!

Dès le soir même de mon arrivée avec quelques responsables, la veille donc de l’AG fondatrice, j’ai opposé le véto formel des militants du Sud et indiqué que je prendrais la parole publiquement le lendemain, ce que je fis. Mais ma menace avait suffi puisque dans la nuit, les statuts ont été réécrits et ronéotypés à nouveau avec une nouvelle appellation : Génération Sociale et Libérale, qui n’avait plus aucune connotation socialiste.

Il n‘en demeure pas moins que, pour moi, le vertige socialiste qui gagne chaque président de la république depuis la création en octobre 1958 de la Vème République (devenue monarchie républicaine depuis 1962), remonte à octobre 1974, il y a donc 42 ans.

Et malgré cela j’ai continué bon gré mal gré à militer, le plus souvent à la base plutôt que dans les appareils et n’ai fini par croire en la personne de Nicolas SARKOZY comme le premier Chef d’Etat digne de ce nom depuis Charles de GAULLE (tout au moins jusqu’à sa fuite à BADEN chez le Général MASSU).

Puis lui aussi m’a déçu, le vertige socialiste l’ayant atteint lui aussi, se traduisant par d’inutiles ouvertures à gauche et d’inconsistantes mesures ne remplaçant pas celles que l’on attendait (réforme de l’impôt, dégraissement des institutions budgétivores, réforme profonde de la Justice en supprimant notamment les juges d’instruction, « hommes les plus puissants de France » (selon Napoléon Bonaparte) et en même temps débutants sortant tout juste de l’Ecole (la fameuse ENM intouchable tout comme le Syndicat de la Magistrature, qui auraient dû tous deux être dissous, l’école se prétendant élitiste étant renvoyée sur les bancs des écoles de formation des avocats qui, du coup, auraient peut-être fait quelques efforts pour être honnêtes et sérieux et mériter un minimum de respect)….

Je suis de ceux qui pensent que s’il a perdu (de justesse) en 2012 alors que logiquement un président de droite ayant un bilan comme le sien (sauf ce qui lui a manqué, vu plus haut) aurait dû être réélu à 60%, c’est qu’il n’a pas saisi ou trop tard que déjà à cette date les Français attendaient un vrai programme de droite, forte ou décomplexée peu importe mais de droite et résolument ancrée dans ses valeurs et son objectif premier : redonner au Français le pays et la nation qu’ils avaient perdus en désignant clairement et simplement, sans emphase inutile mais sans faiblesse, l’ennemi commun qui seul permet l’union (et cela est valable pour l’Europe), à savoir l’Islam.

Pas l’islam radical ou Daesch ou Al Qaeda ou les Salafistes, mais tout simplement l’Islam, en ce qu’il est tout sauf une religion mais bien plutôt un concept stratégique ayant pour but de conquérir le reste du monde par la ruse, l’argent, la religion, la corruption, la désinformation, la désagrégation des structures de civilisation ennemies, la peur, l’horreur, la violence et la torture, l’indicible péché qui exclut toute référence à un dieu quel qu’il soit.

Hélas, la vie parisienne ne permet pas semble-t-il ce genre d’analyse ; le pouvoir est à l’abri de tout ou presque, et ne ressent pas ce que ressentent les citoyens qui travaillent quasiment à perte, s’endettent pour plusieurs vies parfois ou vivent misérablement en comparaison des assistés devenus Princes adorés des médias et des « penseurs » (évidemment) de gauche extrême.

Bref. J’ai cependant parmi mes nombreux défauts celui d’être fidèle. Qualité devenue rare au parti LR. Et c’est au prétexte de cette fidélité que je ne peux me résoudre à rentrer dans le rang après l’enthousiasmante campagne faite en faveur de Nicolas SARKOZY pour la primaire qui lui a été imposée, et après les tout autant enthousiastes trahisons et ralliements auxquels j’ai assisté dès le dépouillement de la première centaine de bulletins de vote au soir du 1er tour.

Quelqu’un va-t-il essayer de me convaincre que j’ai tort, que je suis un sentimental impénitent, que la politique ce n’est pas de la guimauve mais une guerre violente et sans merci, qui se mène d’abord contre ses meilleurs amis et ne répond à aucun code, aucune éthique, aucune idéologie, aucune morale ? Désolé, mais celui qui me fera avaler ce discours pseudo cynique datant des années 30 perdra son temps car je crois qu’au contraire le temps est venu d’une politique 100% transparente et honnête, simple et laborieuse à la fois, faite par des professionnels aguerris formés et reconnus et non des ostrogoths se pavanant sur des plateaux TV ou hurlant dans des meetings surchauffés par le plaisir innommable que recherchent parfois les foules en manque de jeux du cirque.

Donc j’en viens au but de ma lettre : vous me demandez, en m’appelant gentiment par mon prénom, et croyez bien, Daniel, que j’apprécie ce petit miracle de la technique, de verser à nouveau mon obole pour aider François FILLON à être élu Président de la République. Or j’ai déjà payé ma cotisation, ainsi que diverses contributions sans compter les 4 euros de la primaire dont le solde accumulé a été dédié à la campagne et je crois savoir qu’il est prévu des hausses d’impôts au programme, alors que je n’arrive pas à payer les miens.

Mais ce n’est pas tout. Quand j’ai renouvelé mon adhésion au parti LR, c’était avant ! Avant le coup d’Etat qui a suivi la proclamation de François FILLON comme candidat officiel, et qui a consisté à éliminer, d’une manière ou d’une autre, tous les « Sarkozystes » pour lesquels j’avais voté ! Excusez-moi, Cher Daniel, mais je ne vous connais ni d’Eve ni d’Adam ; non pas que vous ne soyez pas connu, ce dont je ne doute pas, mais vous ne faites partie ni de mes amis ni de mes connaissances, et je n’ai jamais sauf erreur voté pour vous !

Dès lors, pourquoi vous adresserais-je un chèque ou quelque donation que ce soit ? Parce que c’est le parti LR qui me le demande ?
Mais quel parti LR ? celui dont j’ai été Membre Fondateur, ou celui dont je suis devenu Membre Observateur ?

Si encore c’était François FILLON qui avait écrit cette lettre, passe encore, à la condition toutefois qu’il m‘explique et me raconte en détail ce qu’il a dit à M. JOUYET lorsqu’il est allé lui parler des poursuites pilotes par l’Elysée contre Nicolas SARKOZY, visite confirmée par F. HOLLANDE en personne ! qu’il me dise aussi la raison pour laquelle il a imposé cette parodie de démocratie de la primaire « ouverte » ? La primaire des militants n’aurait pas marché, ça on l’a bien compris. Nicolas aurait obtenu 75 % des suffrages au bas mot, et lui le score à un chiffre qui lui était dévolu !

Par quelle manœuvre, quel chantage, quelles pressions ses amis RAFFARIN et JUPPE (formant avec lui le « triumvirat », le quarteron aurait dit de Gaulle, car quarteron ne veut pas dire quatre, mis en place pour la circonstance et qui toutefois ne put éviter l’élection de Nicolas SARKOZY comme Président de LR) , par quel « miracle »donc ont-ils obtenu que la Primaire de la Droite et du Centre voie affluer pas moins de 600 000 électeurs ou plus venus de gauche, de l’extrême gauche, du FN, des « bayrouistes » (cela ce n’est pas grave vu leur petit nombre) et se transforme ainsi, sous les yeux attendris de Thierry SOLERE et même de Laurent WAUQUIER (qui doit penser qu’il a été bien mal récompensé de sa faiblesse) ?

Je crois que nous ne le saurons jamais et c’est tant mieux. Par ce que dans tous les cas je n’imagine pas Nicolas SARKOZY cédant au chantage ou aux pressions, et je le prends pour quelqu’un d’intelligent. Donc de clairvoyant. La seule explication logique serait alors qu’il a joué une partie de billard à 7 bandes, destinée à imposer un candidat issu des Républicains, qui ne serait pas lui mais qui serait désigné à la faveur d’un votre contre lui, vote dont il connaissait les contours et les valeurs et qui avait l’avantage d’éliminer JUPPE en l’émasculant d’abord par des sondages enthousiastes l’entraînant à la jouer profil bas. Dans cette hypothèse, COPE a été un des artisans de la partie, POISSON aussi de même que LEMAIRE, ce qui explique qu’ils aient été nommés au Bureau Politique.

Quant aux NKM et autres PECRESSE, il aura suffi de leur laisser exprimer leur nature profonde pour parvenir au résultat escompté.

Voilà, c’est peut-être cela la vérité. En tous cas ce serait une belle vérité si elle est vraie. Une comme ça, ça s’écrit dans l’Histoire ! ce serait l’histoire d’un véritable homme de droite élu grâce à une manip’ de gauche ! J’adore, pas vous ?

Cordialement

H.F

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Rédigé par Henry Flecher

Publié dans #Les Républicains

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Vergnaud 27/12/2016 19:36

Que fait-on ? Et maintenant on vote F.Fillon á la présidentielle. Si non vous voulez un socialo ou un FN ? Rappelez-vous en 1981 lorsque Chirac a fait élire Mitterant, en 2012 lorsque Bayrou a fait élire Hollande. Alors on n'est plus a une trahison près, et de toutes facon on n' a pas le choix. Alors suivons lechoix de Sarko le 20 nov. au soir, un point c'est tout. Bonsoir.

Pierre Novac 26/12/2016 23:39

Que dire de plus, tout y est et j'approuve à 100% le contenu de cette lettre. Hélas le mal est fait et si j'avais un souhait à faire serait que les 'judas" soient punis de leur trahison et qu'ils s'en mordent les doigts jusqu'au sang. Ces gens-là qui doivent tout à Nicolas Sarkozy, n'ont eu aucun scrupule à le supprimer avec l'aide des bobos socialos, des lepénistes, des centristes de gauche sans oublier ce "cher" Bayrou champion des faux-culs. A tous ces gens-là je ne peux et m'associerai jamais. Merci Nicolas Sarkozy et tous mes vœux de bonheur pour vous et votre famille.

bourieau 27/12/2016 11:31

Les français sont à des années lumières de ces querelles... Ils veulent tout simplement du boulot et de quoi nourrir leurs progénitures, de quoi leur offrir un avenir. J'ai l'impression que l'on est revenu au temps des premiers capétiens avec leurs cohortes de vassaux près à leur lécher les bottes ou à leur planter un poignard dans le dos par simple motivation de prendre la place... La révolution et ses grands principes qui a tant fait couler de sang n'aura-t-elle servie qu'à redistribuer les cartes. Ne vous en déplaise vous n'êtes que des privilégiés ou en tout cas perçus comme tels,..., la faute à qui ? Les français (les rats) quittent le navire et commencent à fuir ce pays pour aller à l'étranger... Combien de temps encore allez-vous attendre pour redresser ce pays autrement que par des paroles largement entendues depuis près de 40 ans... Le temps est au passage à l'acte, dépéchez-vous avant qu'il ne soit trop tard.