Attentat de Berlin: De la naïveté à l'angélisme

Publié le 23 Décembre 2016

Attentat de Berlin: De la naïveté à l'angélisme

Mea culpa. En dépit de l’usage du conditionnel, mea culpa. Le tueur de Berlin n’était pas le suspect initial. Il ne s’agit pas d’un Pakistanais délinquant en situation irrégulière, mais, d’un Tunisien débouté du droit d’asile, connu des services de police. Cela ne change rien au fond de l’affaire.

Malheureusement, si. Car il ne s’agit plus de naïveté mais d’angélisme.

La naïveté est neutre, passive, presque naturelle : on est naïf, tel Candide, de façon innocente, un peu malgré soi. En revanche, l’angélisme est actif et volontaire : on est angélique de façon réfléchie, méditée, préméditée, voire militante, cette fois-ci tel Pangloss qui nous explique doctement que “tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes”.

On passe de la naïveté à l’angélisme car le meurtrier est un militant islamiste classé “dangereux” par les autorités allemandes, visé par une enquête pour “préparation d’un acte criminel grave représentant un danger pour l’Etat”, qu’il est arrivé en juillet 2015 en Allemagne, que sa demande d’asile a été rejetée en juin, et que depuis la Tunisie bloque la procédure d’expulsion... 

Les victimes de l’attentat de Berlin apprécieront les procrastinations juridiques de l’administration allemande et sa capacité à protéger les droits de l’homme... à moins qu’ils ne se retournent vers la Chancelière en lui demandant pourquoi ce droit si protecteur des clandestins n’a pas été réformé plus tôt compte tenu des menaces d’attentats qui pèsent sur toute l’Europe.

Depuis la chute du Mur de Berlin, nous avons vécu dans l’illusion d’une fin de l’Histoire. Nous avons pensé, ou plutôt espéré, que nous n’avions plus d’ennemis. Nous avons cru que pour être aimé par le reste du monde, il suffisait d’être “gentil et ouvert”. Nous n’étions que des Candide, et ceux qui nous dirigeaient n’étaient que des Pangloss. 

Non, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le monde est tragique. Notre innocence est une lâcheté et notre angélisme une faillite de la pensée. Nous devons ouvrir les yeux, et regarder le monde tel qu’il est, quitte à regarder dans les yeux ceux qui nous haïssent.

Valéry Denis

Adjoint au maire de Troyes
Conseiller départemental de l'Aube

valery-denis.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Actualité

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