Sarkozy prépare son sprint de la rentrée

Publié le 16 Août 2016

Sarkozy prépare son sprint de la rentrée

LES RÉPUBLICAINS. Comment créer la surprise alors que sa candidature -- imminente -- à la primaire est tout sauf un mystère ? Tout l'été, Nicolas Sarkozy a peaufiné les détails de son entrée en campagne, qu'il veut tonitruante.

TERMINÉ MER, soleil et farniente... Pour les très proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, les (courtes) vacances sont déjà finies. La garde rapprochée de l'ancien chef de l'Etat -- qui avait eu pour consigne de rester joignable et de ne pas trop s'éloigner -- est sur le pont depuis ce matin au siège des Républicains afin de préparer l'entrée en campagne de leur champion, programmée aux alentours du 22 août.

Il promet un « blast »

« On va adopter une organisation qui ressemble à celle de la brigade criminelle », annonce Frédéric Péchenard, qui a dirigé la célèbre institution policière. « Comme à la crim, on a tous notre spécialité », poursuit le directeur général des Républicains. Son entourage le promet : le lancement du candidat à la primaire de la droite sera détonant ! « Sarkozy veut faire un blast(NDLR : un effet de souffle) avec son entrée en campagne », assure un lieutenant. Pas si simple alors que son arrivée dans la course n'est un secret pour personne. « Mais c'est habile, le teasing (NDLR : message qui suscite l'envie). Il va créer l'événement alors que tout le monde sait qu'il sera candidat », lâche, énigmatique, l'ami de toujours, Pierre Charon.

Dans l'entourage de l'ex-chef de l'Etat, on assure que l'été a été une bonne séquence pour lui. D'autant que les sondages sont à la hausse. Sa casquette de chef du parti lui a permis d'occuper l'espace après les attentats, éclipsant son principal rival pour la primaire, Alain Juppé, en déplacement en Polynésie lors de l'assassinat du père Hamel.

En privé, Sarkozy ne manque d'ailleurs pas une occasion de railler le concept d'identité heureuse du favori de la primaire. Ni d'égratigner François Fillon « qui prenait des bleus à me coller sur les photos quand il était Premier ministre », selon un de ses convives.

Le « QG » du cap Nègre

Pendant que ses équipes peaufinent les détails du top départ, le patron du parti, lui, coule encore quelques jours au bord de la piscine de la villa du cap Nègre (Var), avant de regagner Paris. Inutile de le joindre entre 10 heures et 13 heures : il sillonne les routes varoises à vélo. Mais le reste du temps, le futur candidat est hyper connecté. « C'est son été le plus studieux depuis 2011 », assure l'un de ses conseillers. Coup de fils quotidien à ses collaborateurs, échanges avec les élus et quelques interviews qui ont jalonné ces semaines estivales, histoire de montrer qu'il était toujours sur la brèche.

La villa n'a d'ailleurs pas désempli du mois d'août. Laurent Wauquiez, le n° 2 du parti, ou encore Thierry Solère, l'organisateur de la primaire, sont attendus pour dîner dans les jours qui viennent. La semaine dernière, c'était Alassane Ouattara, le président de la Côte d'Ivoire. Un temps annoncée, Bernadette Chirac a finalement décliné pour rester aux côtés de Jacques Chirac.

Pour les heureux élus, un simple SMS suffit pour être reçus dans la magnifique demeure de 10 pièces avec vue époustouflante sur la mer, par un Nicolas Sarkozy en bras de chemise et une Carla Bruni loquace et détendue. « Il vous recontacte directement », s'étonne même un élu qui lui avait timidement signalé sa présence dans la région. « Il parle de politique 90 % du temps. Il sent que les Français ont envie d'autorité et sont moins sensibles aux discours de modération. Et il est en pleine forme ! Il n'arrête pas de dire ça va bien, hein ! ? », assure Edouard Courtial, le député LR de l'Oise, qui a pris l'apéritif au bord de la piscine vendredi. « Il n'est pas comme au mois de janvier où je l'avais trouvé agressif et compliqué. Il a envie de cette rentrée. Envie de montrer son énergie », renchérit Gérald Darmanin, le bras droit de Xavier Bertrand dans le Nord, qui a été lui aussi convié dans le QG estival.

Donner le tempo de la campagne

Moins de deux semaines avant son entrée en campagne, il a, à en croire son entourage, « tout en tête ». Le casting de son équipe de campagne est prêt « même s'il peut encore le faire évoluer ». Les fonds pour financer la campagne ont été levés, ses lieutenants se sont lancés dans la chasse aux parrainages, et ils promettent une moisson très importante pour marquer les esprits.

La date et les modalités de l'entrée en campagne sont décidées. Un secret jalousement gardé. « Même à moi, il n'a rien dit », glisse son ami Brice Hortefeux. Un de ses conseillers est catégorique : « Il faudra faire les choses sobrement, le fond doit primer sur la forme. »

L'autorité, l'identité nationale, le sécuritaire seront évidemment au menu, avec à la clé une approche économique moins libérale que ses compétiteurs. Et le rythme s'annonce soutenu. A peine rentré dans l'arène, Nicolas Sarkozy a prévu de multiplier les déplacements pour une campagne très proche du terrain. Avec un objectif : lui, et personne d'autre, doit « donner le rythme de la primaire ».

Rédigé par Miau Jeanne

Publié dans #Primaire

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