Sarkozy en première ligne

Publié le 31 Juillet 2016

le compte Twitter de Juppé a proposé cette semaine des photos, un peu en décalage, de lui portant la couronne de fleurs traditionnelle aux îles Marquises et à Tuamotou.

le compte Twitter de Juppé a proposé cette semaine des photos, un peu en décalage, de lui portant la couronne de fleurs traditionnelle aux îles Marquises et à Tuamotou.

En confrontation directe avec le gouvernement, le chef des Républicains a occupé cette semaine le terrain sur le thème de la sécurité post-attentat.

Actualité dramatique oblige, la primaire à droite ne connaît pas de trêve estivale. A moins de quatre mois du scrutin des 20 et 27 novembre, le thème de la sécurité remis sur le devant de la scène après les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray offre aux candidats l'occasion de faire entendre leurs voix sur l'un des sujets de prédilection à droite, tout en s'en prenant à un gouvernement accusé de laxisme. Dans cet exercice, Nicolas Sarkozy a marqué des points cette semaine en ferraillant directement avec le premier ministre Manuel Valls quand Alain Juppé, son principal adversaire dans la course à l'investiture, se trouvait à plusieurs milliers de kilomètres pour une tournée dans le Pacifique.

Dès mardi, quelques heures seulement après le meurtre du père Jacques Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le président des Républicains a appelé le gouvernement « à mettre en oeuvre toutes les propositions » de la droite. L'ancien chef de l'État préconise notamment le placement en rétention préventive des personnes fichées S qui n'ont pas commis de crime ou de délits. Une mesure que le gouvernement se refuse à prendre au nom de l'État de droit

.Couronne de fleurs aux Marquises

« Argutie juridique », a répondu Nicolas Sarkozy, pour qui la lutte contre l'État islamique appelle des mesures d'exception. « Le refus du débat juridique au prétexte qu'il y a une Constitution, c'est de l'argutie », a déclaré l'ancien président, qui a encore estimé que « dire que tout placement en rétention administrative c'est Guantanamo, c'est montrer une ignorance totale de la réalité du droit français. » Des propos qui lui ont valu une accusation de « populisme » de la part de Manuel Valls.
Dans le concert des réactions et des propositions qui a rythmé la semaine politique, Alain Juppé a lui aussi tenté de faire entendre sa voix. Mais avec du retard par rapport à son rival. La faute à un déplacement dans le Pacifique prévu de longue date et que son équipe a préféré ne pas annuler après l'attentat du 14 juillet à Nice. A peine descendu de l'avion vendredi, le favori des sondages a tenu une conférence de presse consacrée à la lutte contre le terrorisme. L'occasion d'appeler le gouvernement à « changer de braquet » et de rappeler ses principales propositions face au terrorisme (retour sur la suppression de la double peine pour les étrangers condamnés, création d'un délit de séjour, fermeture des mosquées radicales...). Avec, peut-être, l'impression d'arriver un peu après la bataille pour un candidat, très offensif après Nice, qui a réagi à l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray par un seul communiqué et un message vidéo posté depuis l'autre bout du monde. Et dont le compte Twitter a proposé cette semaine des photos, un peu en décalage, de lui portant la couronne de fleurs traditionnelle aux îles Marquises et à Tuamotou.

En tournée dans le Pacifique, Alain Juppé n'a pas assisté à l'hommage au père Hamel tenu en la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Une messe très médiatisée à laquelle étaient présents Nicolas Sarkozy, François Fillon ou encore Bruno Le Maire.

Rédigé par Miau Jeanne

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