Incapable de faire son propre bilan, Hollande rejette la faute sur les autres

Publié le 19 Juillet 2016

Incapable de faire son propre bilan, Hollande rejette la faute sur les autres

Je pensais pouvoir aborder des sujets plus légers. L’actualité nous a rattrapés. Incontournable. Les mots manquent pour qualifier la barbarie. Pas pour la médiocrité de celui qui nous gouverne.

Qu’il s’agisse de ses résultats économiques, du nombre des chômeurs ou du terrorisme, ce gouvernement est incapable de faire son propre bilan. Il faut toujours qu’il en rejette la faute sur les autres ; et bien sûr sur le gouvernement qui a précédé et particulièrement le précédent président. Hollande semble hanté par Sarkozy qu’il a été obligé d’imiter (sans y parvenir) après avoir imaginé qu’on pouvait être un homme « normal » pour gouverner la France. De ce point de vue, sa conférence de presse du 14 juillet a été pitoyable, au point de manipuler le nombre des chômeurs pour amoindrir son échec. Inutile d’épiloguer puisque personne ne l’écoute plus. Nous nous convaincrons de sa mauvaise foi en nous appuyant uniquement sur les rapports de la Cour des Comptes : relisons ce qu’elle disait de la situation de la France et de l’action menée par l’exécutif sous Sarkozy, et notamment fin 2011, et comparons avec les rapports qui viennent d’être publiés et le signal d’alarme que les sages de la rue Cambon tire au sujet des déficits et de la dette !

Un bilan désastreux.

L’attentat de Nice, après l’assassinat des deux policiers viennent un peu plus ternir le bilan hollandais. Certains trouveront que les polémiques déclenchées par les différentes oppositions sont déplacées. Ce serait trop facile : on ne tire pas sur l’ambulance semblent nous crier les bonnes consciences habituelles de la gauche bobo ! Comment peut-on se taire après ce qui s’est passé sur la promenade des Anglais ? La tragédie débouche évidemment sur la colère des gens simples qui exigent une prévention plus efficace et davantage de fermeté. Ne pas y répondre, c’est faire le lit de ceux qui préconisent à l’extrême-droite, des solutions fondées sur la haine et la xénophobie qui ne conduisent nulle part, et on peut compter sur toutes les surenchères de Mme Le Pen pour profiter de l’occasion et faire de la récupération. Quant à l’extrême gauche, elle oublie un peu vite son empathie pour l’islamisme djihadiste. C’est donc à l’opposition de droite et du centre de dire les choses, et il faut qu’elle les dise avec fermeté. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont eu raison de monter au créneau. Ce n’est pas une question de concurrence au sein de la primaire, le sujet est trop grave. Mais qui ne voit l’urgence vis-à-vis de l’opinion, à ne pas laisser le champ libre aux rodomontades populistes.

La leçon n’a pas été tirée.

La polémique peut paraître dérisoire, elle est nécessaire. C’est à l’opposition de prendre le relais de la fermeté que réclament les français qui ont droit à une sécurité durable. Or, on ne peut que le constater, le gouvernement a cru, à tort, au lendemain de l’Euro, qu’il pouvait baisser la garde. Bernard Cazeneuve aura beau nous opposer ses dénégations et ses certitudes sur le risque zéro, il ne convaincra personne. Lui aussi est atteint du syndrome « Sarko » tant il est difficile de supplanter le ministre de l’Intérieur qu’il a été. Qu’on le veuille ou non, la police aurait dû être en mesure d’arrêter le camion avant même qu’il ne s’engage dans la Promenade, et certainement avant qu’il n’ait parcouru deux kilomètres mortifères. Comme l’affirme Alain Juppé, force est de constater que les moyens adéquats n’avaient pas été prévus. Un événement dramatique dont la leçon doit être tirée. En commençant par écouter l’opposition. On ne peut pas continuer de se contenter de compter les morts et les blessés. On ne peut pas répéter sans cesse que l’on fait de son mieux. Ce n’est pas une question d’union nationale non plus. A quoi bon l’appeler à cor et à cris quand on n’est même pas capable d’avoir une simple majorité. Il est dérisoire mais tellement de gauche de répondre à la barbarie avec des hommages, des discours et des illuminations de la Tour Eiffel. Tout cela pour ne pas dire franchement que nous sommes en guerre. Tous ces comportements qui, à force de grandiloquence et de coups de tambours martiaux devraient rassurer, et ne font que donner aux minables abjects une stature qu’ils n’ont pas. Affirmons au contraire qu’on ne fait pas la guerre avec des bons sentiments. Car l’on voit bien le manque de fermeté pour lutter contre l’emprise islamiste : les mosquées plus ou moins radicales que l’on tolère, les centres de « déradicalisation » sans moyens, l’absence de surveillance adéquate dans les prisons… Il ne s’agit pas de s’en prendre aux musulmans, mais de nommer clairement les choses, et où sont les limites. Or le gouvernement n’a toujours pas clarifié sa position sur le communautarisme qu’il se contente de combattre par les mots et rarement dans les faits. Affirmons notre volonté de mener la guerre de l’ombre, sur le terrain, celle qui ne se voit pas, qui diligente des actions de renseignement, de filatures, de surveillance internet, … en y mettant vraiment les moyens.

Il n’y a pas de remède miracle.

La lutte contre le fascisme islamiste alimenté par Daech sera de longue haleine. Plus on détruira ses bases au Moyen Orient, plus on dispersera ses fanatiques et plus nous nous exposerons à des métastases qui explosent violemment. On a vu à Nice que c’est possible avec peu de moyens. L’argument des « effectifs » (de police ou de gendarmerie) qui ont diminué il y a quatre ans est lamentable et contestable.Le pouvoir aurait dû agir depuis, non ? Le temps est venu de traiter le terrorisme avec une fermeté inaltérable et sans précipitation. Sans jeter l’opprobre sur les musulmans qui vivent en France, il serait bon que nous les invitions fermement à participer activement à ce combat, puisque dans leur très grande majorité, ils ont condamné le terrorisme, comme ils l’ont fait après l’assassinat de deux policiers dans les Yvelines. Quand on demande la vigilance de tous les citoyens, il leur appartient plus qu’à d’autres d’être les premiers à signaler ceux des leurs qui basculent dans la radicalisation. Ce signalement est la clé d’une prévention efficace. Il sera aussi le meilleur moyen de lever la suspicion ou le malentendu qui s’est peu à peu établi avec un grand nombre de nos concitoyens.

Puisqu’il lui reste quelques mois, souhaitons que le pouvoir actuel les utilise pleinement à entamer ce combat en se préoccupant davantage de ce qu’il faut faire que de savoir si c’est ce que Sarko aurait fait. Pauvre Hollande, incapable d’exister par lui-même !

Daniel HOULLE

calepindh.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Actualité

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