Attentats: Nicolas Sarkozy demande la « vérité » au gouvernement

Publié le 27 Juillet 2016

Attentats: Nicolas Sarkozy demande la « vérité » au gouvernement

Dans une interview au Monde, Nicolas Sarkozy réagit au meurtre d’un prêtre, égorgé par deux hommes se réclamant de l’organisation Etat islamique dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime. « Nous sommes rentrés en guerre avec les attaques de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en janvier 2015. Il faut en tirer toutes les conséquences », estime-t-il.

Sa réaction à l’acte terroriste de Saint-Etienne-du-Rouvray

Selon l’ancien chef de l’Etat, « ce nouveau drame montre à quel point nous devons changer de dimension dans notre riposte au terrorisme islamiste ». « Je ne peux pas accepter l’application de schémas intellectuels du passé à la réalité d’aujourd’hui », explique-t-il avant de déclarer que « toute la lumière devra être faite sur le parcours judiciaire de ces terroristes, sur les moyens de surveillance et sur l’appréciation de la dangerosité de ces individus ». « Le gouvernement devra répondre à la question : comment des individus fichés, dont l’un sous contrôle judiciaire pour avoir essayé d’aller faire le djihad en Syrie, ont été laissés libres de commettre un tel attentat ? », s’interroge le président du parti Les Républicains (LR).

Après Nice, « le gouvernement doit la vérité aux familles des victimes et à tous les Français »

Alors que la polémique continue sur les forces de sécurité présentes le soir de l’attentat à Nice, Nicolas Sarkozy demande au gouvernement de faire la lumière sur les faits. « Des versions totalement contradictoires ont été exposées », constate-t-il. Si l’enquête venait à contredire la version du gouvernement, l’ancien président juge qu’il s’agirait alors d’un « mensonge d’état » de la part de l’exécutif : « Notre pays, pas plus qu’aucune démocratie, ne pourrait l’accepter. » « L’urgence, c’est la sécurité des Français. Et cela passe par la vérité. Le gouvernement la doit aux familles des victimes et à tous les Français », explique M. Sarkozy.

A situation exceptionnelle, mesures d’exception

Face à une situation terroriste exceptionnelle, Nicolas Sarkozy estime que la France ne peut pas rester dans le « cadre » juridique actuel. Quitte à remettre en cause le principe de présomption d’innocence, en assignant à résidence des personnes fichés S, sur la foi du soupçon. « Notre système doit protéger les victimes potentielles plutôt que les auteurs probables d’un futur attentat », explique l’ancien président. « Il y a dans cette guerre que nous engageons, les innocents, les coupables et une zone grise, avec ceux qui ne sont pas encore passés à l’acte. » Il justifie cette « évolution intellectuelle » : « Si les démocraties ne défendent pas les citoyens, les citoyens se défieront de la démocratie. »

lemonde.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Interview

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