Sarkozy aux sénateurs LR : «Pour le moment, il n’y a pas de candidat à la primaire

Publié le 7 Juin 2016

Les candidats déclarés à la primaire de la droite s’agacent de voir Nicolas Sarkozy rester président du parti Les Républicains, bien qu’il soit quasi candidat. L’intéressé souligne qu’il n’y a pour l’heure que des candidats à la candidature… Autrement dit, il n’a pas à démissionner.

Voilà des propos qui devraient encore réjouir les autres candidats à la primaire. Présent ce mardi à la réunion de groupe hebdomadaire des sénateurs Les Républicains, Nicolas Sarkozy « a rappelé qu’il n’y avait pas de candidat aujourd’hui. Ils commenceront quand ils auront déposé à la Haute autorité leurs signatures, leurs parrainages. C’est le 9 septembre. Jusqu’ici, il y a des candidats à la candidature » rapporte le sénateur LR Pierre Charon, fidèle soutien de l’ancien chef de l’Etat, pour qui « c’est le patron du parti » qui est venu au Sénat. Regardez

Précision apportée par un autre sénateur, présent à la réunion : « Il a expliqué que puisque pour le moment, il n’y a pas de candidat à la primaire, il n’y a pas à se préoccuper d’égalité entre candidats à la primaire ». En d’autres termes, il n’a pas à démissionner de la présidence du parti. Il y est, il y reste. Du moins, encore un peu.

Gagner du temps

Nicolas Sarkozy ne fait pas que jouer sur les mots. Il gagne du temps. Car les impétrants commencent à trouver que le président des Républicains abuse de sa fonction : officiellement président des Républicains, mais dans les faits de plus en plus candidat. Ils multiplient les déplacements de terrain. Mercredi, il tient meeting dans le Nord. Le tout aux frais du parti. Ce qui déplaît aux Juppé, Fillon et autres candidats, qui ne disposent pas des mêmes moyens, ni, pour les « petits » candidats, des listings des parlementaires afin d’aller à la pêche aux parrainages. « Plus vite cette situation sera clarifiée, plus vite les candidats seront sur un pied d’égalité » a estime dans Sud Ouest dimanche François Fillon.

Reste que les statuts de la primaire confortent d’une certaine manière Nicolas Sarkozy. Il « a jusqu'au 9 septembre pour être candidat et déposer ses parrainages », a rappelé ce matin sur i-Télé Thierry Solère, président du comité d'organisation. « Ce sera à lui de le faire quand il le voudra, avec une date maximale ». « Il doit démissionner avant le 25 août. Et avant, c'est son calendrier » a ajouté le député, soutien de Bruno Le Maire. Selon les statuts, le président du parti doit quitter ses fonctions au plus tard quinze jours avant la date limite de dépôt des candidatures.

Déjeuner avec Merkel le 21 juin

Alors le toujours président des Républicains a parlé des affaires internes du parti, devant les sénateurs. S’« il n’y avait pas une folle ambiance », selon un membre du groupe LR, où on compte nombre de fillonistes ou de soutiens d’Alain Juppé, un autre remarque que l’accueil était plutôt meilleur. « La dernière fois, c’était glacial. Là, ce n’est plus tout à fait froid. Mais ce n’est pas le Nirvana non plus… »

Décryptage d’un élu : « La dernière fois, il y avait une certaine opposition feutrée car il nous expliquait qu’il voulait que le parti distribue les investitures pour les législatives et les sénatoriales de 2017 avant juillet. Le président de groupe, en présence de Gérard Larcher, avait expliqué que nous voulions travailler en amont pour faire des préconisations au parti, comme nous avions procédé pour les sénatoriales de 2014 avec la commission Gaudin. C’était vécu comme une forme de pression sur les sénateurs, du type « c’est moi qui vais donner les investitures ». Là, c’était la grande réconciliation, tout le monde est d’accord. Le Sénat va travailler en juin. Il n’y avait pas le moindre nuage à l’horizon ». Les travaux côté Haute assemblée en vue des investitures devraient ainsi débuter le 29 juin, pour repérer d’éventuels problèmes, afin d’être réglés vers septembre. Pour les législatives de juin 2017, l’essentiels des pré-investitures sera en revanche réglé début juillet. La validation définitive sera cependant donnée après les primaires par un Conseil national des ratifications.

Pour l’heure, Nicolas Sarkozy pourra entretenir sa stature présidentielle en déjeunant avec la chancelière allemande le 21 juin, comme il l’a évoqué devant les sénateurs, pour parler Europe et couple franco-allemand. Il le fera en tant que président. Du parti bien sûr.

publicsenat.fr

Rédigé par Miau Jeanne

Publié dans #Primaire

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