La machine Sarkozy est lancée

Publié le 6 Juin 2016

La machine Sarkozy est lancée

Le gaulliste François Baroin et le 100 % droite Laurent Wauquiez ont confirmé hier qu’ils rouleraient pour l’ancien Président. Les ralliements vont se succéder avant l’annonce officielle fin août.

Cela ne surprendra personne. François Baroin, le président de l’Association des maires de France (AMF) a annoncé officiellement hier sur Europe 1 qu’il « s’engagera » au côté de Nicolas Sarkozy si le président du parti Les Républicains se présente à la primaire de la droite. « Je n’ai pas de doute sur sa candidature », ajoute le très chiraquien sénateur-maire de Troyes, qui souligne au passage son incompatibilité avec Alain Juppé : « Il n’a pas confiance en moi et je n’ai pas confiance en lui ». L’ancien ministre de l’Économie, âgé de 50 ans, est un soutien de choix pour l’ancien chef d’État : caution gaulliste, réseau d’élus, aisance dans les médias, popularité. De là à former un ticket Président-Premier ministre, il reste un pas que ne franchit pas François Baroin : « Sur le bulletin de vote, il n’y a qu’un nom ».

Un autre poids lourd a confirmé hier son soutien « ni inconditionnel ni aveugle » à Nicolas Sarkozy qui se déclarera. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, estime que l’ancien président « est le meilleur pour porter les valeurs de la droite parce qu’il a réfléchi à ses erreurs et donc il est capable de les dépasser ». Le « quadra » fixe ses conditions dans le JDD : « Aucun compromis avec la gauche en 2017, une vraie alternance de droite assumée ». Vice-président, il s’attend à récupérer le parti une fois Sarkozy lancé. Un intérim durable ? Luc Chatel, un autre ancien ministre qui rejoindra aussi l’équipe Sarkozy pourrait lui contester le poste.

D’autres anciens ministres, son fidèle Brice Hortefeux, Alain Joyandet, Roger Karoutchi, travaillent déjà à l’organisation et au programme avec les députés Éric Ciotti (Nice), Virginie Duby-Muller (Haute-Savoie), David Douillet, Guillaume Larrivé (Yonne), Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais), Valérie Debord (Nancy). La candidature devrait être annoncée début septembre. D’ici là, d’autres ralliements sont attendus. Christian Estrosi ? Le patron des députés LR Christian Jacob ? Des élus UDI ? Éric Woerth, chargé du projet présidentiel par le parti ? Le coordonnateur Frédéric Péchenard entend mettre en route une machine qui renversera en deux mois les courbes des sondages et de la popularité pour le moment très favorable à Alain Juppé. Restera à trouver une ligne politique cohérente. L’exercice ne s’annonce pas évident, entre Laurent Wauquiez campé sur l’identité droitière et qui met en garde contre la dérive tout libéral, François Baroin, adepte du consensus social et du dialogue avec la gauche, Éric Woerth attendu sur un programme de réforme décoiffant (fin des 35 heures, flexibilité des contrats de travail).

Nicolas Sarkozy pourra compter sur beaucoup de soutiens, mais il devra composer avec plusieurs lignes et plusieurs ambitions. Le syndrome de la synthèse le rattrape déjà.

Cela fait déjà un an que François Baroin a décidé de s’engager auprès de Nicolas Sarkozy. Même si les rapports entre les deux hommes ont souvent été tendus, ils sont aujourd’hui apaisés. « On s’en est mis plein la gueule, et comme on s’est tout dit, je suis très à l’aise avec lui », affirme François Baroin en privé. En revanche, il ne l’est pas avec Alain Juppé, qu’il déteste cordialement. Les deux hommes ne se sont pas parlé pendant six ans. Pour le sénateur maire de Troyes, tout vaut mieux qu’Alain Juppé, qu’il ne considère pas comme « le meilleur d’entre nous » contrairement à son mentor Jacques Chirac. Il s’est même juré de ne jamais retravailler avec lui. Manque de reconnaissance, manque de soutien, manque de confiance : la liste des reproches qu’il lui adresse est longue. Baroin va donc non seulement faire une campagne pro-Sarkozy mais surtout anti-Juppé. Et il a commencé.

leprogres.fr

Rédigé par Miau Jeanne

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