DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY LORS DE LA RENCONTRE AVEC LES MAIRES

Publié le 3 Juin 2016

DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY LORS DE LA RENCONTRE AVEC LES MAIRES

Mes chers amis,

D'abord quelle étrange réunion. Un parti politique qui réfléchit ça peut inquiéter ; ceux qui ne réfléchissent pas. Un parti politique qui réfléchit avec les maires, ça peut inquiéter ; ceux qui ne connaissent pas, cher Hubert, la désespérance des maires. Ce qui aurait été profondément anormal c'est qu'on ne fasse pas cette réunion, cher Jean. Et ce qui serait profondément inquiétant, y compris pour les maires de notre famille politique, c'est qu'on ne réfléchisse pas ensemble à ce qu'on fera dans un an si les Français nous font confiance ; et si on ne prenait pas des engagements précis comme je vais les prendre devant vous.

On a coutume de dire que le mandat de maire, c'est le plus beau mandat. Oui, surtout pour ceux qui n'ont jamais été maire. Pour être maire aujourd'hui, et je l'ai été pendant vingt-et-un ans, il faut vraiment un tempérament. Vouloir avoir des ennuis ; être suspecté ; trouver des solutions dans des situations impossibles ; pris en tenaille que vous êtes, par une vision technocratique qui continue à scander qu'il y a trop de maires. Pourquoi y en aurait-il trop ? Je pense que la qualité de vie française et l'identité française reposent sur ce tissu extraordinaire de bénévoles, parce que ce sont des bénévoles, qui acceptent de s'occuper de leurs communes et de leurs villages. Il n'est pas question de mettre en accusation ces 350 000 bénévoles qui donnent leur temps pour faire fonctionner la République.

Je comprends que dans les corps d'inspection, (je m'arrête mais vous savez ce que je pense) on ne peut pas comprendre qu'à travers toute la France un demi-million de Français qui aiment leurs communes, qui aiment leurs terroirs, qui aiment leurs villages et qui veulent se décarcasser pour que leurs terroirs ne meurent pas. C'est ça le réseau des communes de France, et il n'est pas question qu'on le touche. Et peu m'importe qu'on me dise qu'il y a autant de communes chez nous que dans la totalité des autres pays européens ! C'est peut-être pour cela qu'il y a un art de vivre à la française que nous ne voulons pas sacrifier.
Premier point.

Deuxièmement, et cher François c'est un tel bonheur de parler avec toi à cette tribune devant vous, on doit prendre des engagements.

Le premier, et je vais m'adresser aux politiques que vous êtes. Faire de la politique c'est grand et c'est noble. Je suis un combattant mais je respecterai toujours plus, y compris celui qui n'a pas mes idées mais qui a la colonne vertébrale et le courage de s'engager. Je les respecte plus que toute cette batterie d'experts dont la caractéristique première est de donner des conseils, eux qui n'ont jamais rien fait. Un expert en politique c'est quelqu'un qui ne s'est jamais présenté donc qui n'a jamais pu être élu et jamais battu.

Vous vous êtes présentés, vous avez des cicatrices ? On est de la même famille. La famille de ceux qui savent ce que c'est de s'engager pour leur pays avec les hauts et avec les bas. J'en tire une conclusion : ceux qui ont des mandats ici, vous ne les avez pas volés, vous les avez conquis. Vous avez su susciter la confiance de nos compatriotes.

Je suis absolument opposé à cette règle administrative qui voudrait imposer le mandat unique à des femmes et à des hommes qui ont la confiance de leurs électeurs. Et j'en ai plus qu'assez de tous ceux, y compris parmi nous, qui se font de la publicité pour faire plaisir à qui ? A des observateurs qui ne connaissent rien à la réalité de l'engagement politique.

Je souhaite que Les Républicains portent cette règle : deux mandats pour chacune et chacun d'entre vous. Je veux dire aux Français qu'une Assemblée Nationale, cher Bernard Accoyer, qu'une Assemblée Nationale, cher Christian Jacob, ou un Sénat avec des professionnels de la loi occupés, du lundi matin au dimanche soir parce qu'ils n'auraient plus de mandat local, à faire la loi, serait une catastrophe pour le pays. J'ajoute qu'il faut avoir le courage de dire aux Français qu'avec le mandat unique on va augmenter de 40% la classe politique française alors qu'il faut la réduire, voilà la réalité ! Je souhaite moins de parlementaires et deux mandats pour chacune et chacun d'entre vous. Et le moment venu les Français décideront.

(Si j'ai été ambigu il ne faut pas hésiter à me rappeler à mes devoirs, cher François.)

J'ai écouté avec beaucoup d'attention ce qu'ont dit François Baroin, avec la compétence qui est la sienne, et Hubert, avec l'expérience qui est la sienne, et Jean que je remercie d'avoir accepté les responsabilités que je lui ai confiées.

Comment allons-nous sortir de la situation épouvantable qu'ils nous laissent ?

Premier élément : l'architecture territoriale institutionnelle française.

Disons les choses comme elles sont, François, il y a des sentiments contradictoires en chacun d'entre vous. Vous voulez à la fois la stabilité et en même temps on ne peut pas rester où on en est. Je sais parfaitement pour en avoir parlé notamment avec Gérard Larcher, que j'excuse puisqu'il est retenu dans sa commune avec les inondations dramatiques que l'on sait, que vous en avez plus qu'assez du mécano-institutionnel et des changements dans tous les sens. En même temps vous êtes des citoyens Français et comprenez qu'on ne peut pas rester dans le statut quo.

L'exemple qui nous a été donné est invraisemblable. En 2014, une loi est prise pour rendre la compétence générale aux départements et aux régions. Première erreur. Mais en 2015 ils font une deuxième loi pour retirer la compétence générale aux départements et aux régions. Que s'est-il passé ? Un coup de vent, une idée bizarre : ce qui était vrai en 2014 ne l'est plus en 2015.

Nous devons avoir des convictions. La compétence générale est pour les communes et pour l'Etat, ce n'est pas pour les départements et pas pour les régions. Cela n'a rien à voir contre les régions ou contre les départements.

Les Républicains nous devons être absolument opposés aux élections au suffrage universel des intercommunalités parce que l'élection au suffrage universel des intercommunalités tue la commune.

Troisième élément, c'est exactement le même problème que pour les médecins que l'on voudrait voir exercer, chère madame Touraine, par la contrainte. Les intercommunalités, les regroupements de communes ne peuvent se faire que sur la base du volontariat et en aucun cas parce qu'un préfet obéit à des instructions données au dernier moment pour obliger les gens à se mettre ensemble alors qu'ils n'en ont pas envie. Cela s'appelle du mécano-institutionnel, nous ne sommes pas engagés par cela ! Oui à des fusions, oui à des intercommunalités, mais sur la base du volontariat, pas sur la base d'une vision administrative et contrainte.

Je dois vous rappeler que nous nous battons pour l'alternance. Si on est pour l'alternance cela veut dire qu'on ne s'interdit pas de revenir sur des engagements ou des lois socialistes. Pas parce qu'elles sont socialistes, mais parce qu'elles sont stupides.

On doit avoir les idées claires là-dessus pour qu'il n'y ait pas de malentendu entre vous et nous.

D'abord je crois de toutes mes forces à l'utilité du canton, quelle que soit sa taille, car si vous supprimez le canton, il n'y aura plus de représentation territoriale. Le canton est un élément essentiel de l'architecture institutionnelle territoriale française. Je vous proposerai de revenir à l'organisation du conseiller territorial qui rapprochait le département et la région et qui ne choisissait pas entre ces derniers. Cher Georges, cher Hubert, c'est un engagement.

Nous ne devons pas nous sentir engagés par le scandaleux découpage cantonal organisé par le gouvernement, qui a été une honte en termes de règles républicaines et de démocratie. Me semble-t-il nous devons revenir au conseiller territorial qui évite de lancer la France dans une bagarre épouvantable entre les régionalistes et les départementalistes, qui rapproche les deux, redessiner la carte des cantons, cher Hubert, cher Jean, en tenant compte sans doute de l'élargissement de chaque canton. Je dis d'ailleurs que lorsque je souhaite moins de parlementaires et une classe politique moins nombreuse, ce que je vise c'est la représentation des villes beaucoup plus que la représentation des territoires. La réalité cantonale dans une ville n'a en rien la même importance que la réalité cantonale dans un département rural où on a absolument besoin de cet échelon.

Vous l'avez compris, on revient au conseiller territorial, on redessine la carte cantonale et on garantit ainsi la représentation des territoires par le conseiller territorial.

Que fait-on des nouvelles régions ? Il y a des régions où on met huit heures de voiture pour aller de sa commune à la nouvelle région.

On en a parlé vraiment attentivement, cher Éric Woerth, notre idée est la suivante: rendre chaque grande région l'une après l'autre et demander, pas simplement aux élus de la région, mais au corps électoral des sénateurs par exemple : dans chaque région quelle est votre décision ? Je sais bien que la région de François Baroin, Champagne Ardenne Lorraine et de Luc Chatel, Alsace, il y a des visions différentes. Je considère que l'on peut parfaitement garder une grande région si les élus sont d'accord ou la séparer si les élus le souhaitent. Région par région nous ferons ce travail avec le retour au conseil territorial de manière à voir ce que l'on garde ou ce que l'on change. Il me semble, mes chers amis, que le pragmatisme, le dialogue avec vous, l'écoute du terrain, est la seule façon de sortir de l'imbroglio dans lequel les socialistes nous ont mis.

Restera à trancher d'autres problèmes encore plus difficiles.

La question des finances d'abord. Le système est hallucinant. Imaginez que ce soit nous qui ayons fait le quart de ce que font Monsieur Hollande et Monsieur Valls ! Ce serait la révolution ! François Baroin avec la compétence, grande, qui est la sienne, a calculé à 28 milliards les baisses de dotations qui vous sont imposées.

On peut envisager une telle réduction des crédits, mais à une seule condition : c'est que l'on mette en face une réduction des compétences et des charges. Le plus scandaleux dans ce qui a été fait n'est pas simplement d'avoir coupé les crédits pour vous, mais de n'avoir supprimé aucune compétence et de vous en avoir rajouté sur le dos pour être sûr que vous plongerez tous.

La réforme des rythmes scolaires, c'est vous qui la payez !

On vous met donc dans une situation où l'on vous donne moins d'argent, et on augmente les responsabilités qui sont les vôtres. Naturellement nous allons trouver une France où il n'y aura plus un centime. Il n'y a pas d'argent pour les collectivités territoriales mais il y en a pour tous les groupes de pression qui viennent quémander sans que l'on ne pense à l'intérêt de la France.

Dimanche, un journal faisait un article extravagant de cynisme : « Le Président de la République a trouvé la solution pour calmer la CGT ». Grande ambition ! Comme si le problème de la France de 2016 était de calmer la CGT. D'autres sujets intéressent les Français. Pas un jour sans qu'on n'annonce qu'on a acheté une catégorie de Français comme si la communauté nationale n'existait plus : il n'y a plus que du communautarisme et des communautés particulières. On ne parle plus aux Français, on parle aux différentes communautés. Plus les communautés sont petites, plus elles défendent leur identité avec acharnement. Les seuls qui n'ont pas le droit de défendre leur identité sont les Français, la majorité, et la communauté nationale. Cela est scandaleux.

On dit au Président des Maires, on dit aux maires, tous élus, « il n'y a pas d'argent pour vous », mais encore ce matin on annonce un vaste mouvement d'augmentations, sorties de nulle part.

Remarquez, toutes ces annonces ont un point commun : on les annonce maintenant et on paye demain. C'est-à-dire qu'il pense qu'il va signer à notre place.

Il me semble qu'il y a trois choses à faire.

La première, vous redonner de la matière fiscale en faisant ce qui n'a pas été fait depuis le début des années 1980, l'actualisation des bases. L'actualisation des bases c'est le serpent de mer : tout le monde en parle et tout le monde tremble. Il y a de quoi.

Parce que naturellement dans l'actualisation des bases il y en a très peu pour lesquelles ça va baisser, et beaucoup où ça va monter.

Ceux qui vont baisser vont prendre le cadeau avec une discrétion de bleuette. Et ceux pour qui ça va augmenter vont protester.

Notre idée est de permettre d'actualiser les bases dans vos communes à chaque fois que vous changez de propriétaire ou que vous changez de locataire. C'est-à-dire une actualisation de bases sur cinq ou dix ans tranquillement. Le système ne peut pas marcher car c'est un système à trois équations : il y a les taux, il y a l'actualisation sur l'inflation et il y a la valeur des bases. Si un critère tombe on n'a plus que le taux.

Cela vous donnera de la masse fiscale, de la souplesse et cela se fera, si vous le souhaitez, à chaque changement de propriétaire ou à chaque changement de locataire. Vos communes changent de population entre 10 et 20% chaque année : en dix ans on aura réactualisé les bases.

Deuxième élément, il faut vous donner des marges de manœuvre parce qu'au fond être maire c'est prendre tous les ennuis, mais n'avoir aucune marge de manœuvre. Puisque vos budgets sont entre 55 et 60% de la masse salariale, et sur cette masse salariale avant de discuter vous prenez deux points et demi ou trois points de GVT avant même qu'on ne vous ait demandé votre avis. Je souhaite que le GVT soit divisé en deux : une moitié à l'ancienneté et l'autre moitié au mérite dans la main des exécutifs territoriaux. Il n'y a aucune raison pour que le GVT soit uniquement à l'ancienneté. On n'en peut plus : dans chacune de vos communes, vous le savez parfaitement, il y a des fonctionnaires extrêmement dévoués toujours volontaires pour faire toujours plus, et d'autres extrêmement cohérents dans la volonté d'en faire le moins possible. Il n'y a aucune raison qu'ils soient traités de la même façon.

Je souhaite également que nous remettions complètement à plat tous les accords de 2000 Jospin de réduction du temps de travail dans nos collectivités. Il faut dire la vérité aux Français. La question n'est pas les 35 heures. Innombrables sont les communes où dans vos services on ne travaille pas 35 heures. On est à 28 heures ou on est à 32 heures.

La première chose que nous allons demander est que dans tous vos services on soit aux 35 heures.

Ensuite nous souhaitons une véritable révolution, celle qui donnera la possibilité aux exécutifs de négocier avec vos fonctionnaires territoriaux les heures supplémentaires et leur déclenchement. Vous devez avoir la liberté de fixer, de discuter le temps de travail dans vos communes et il n'est pas forcé que le temps de travail soit exactement le même d'une commune à une autre pour vous donner la liberté nécessaire.

J'ajoute que nous voulons vous autoriser à recruter sur des contrats de droit privé, des contrats de cinq ans par exemple, qui vous permettront d'adapter la réalité des emplois dans votre commune aux grands chantiers que vous réaliserez ou pas ou à la situation financière qui est la vôtre. Tous vos collaborateurs n'ont pas vocation à être fonctionnaires à vie, (le service informatique ou certains autres services n'ont pas vocation à être fonctionnaires à vie) et je souhaite qu'en bons gestionnaires vous puissiez avoir le droit de vous séparer de collaborateurs dont vous n'êtes pas satisfaits, ce qui est parfaitement impossible aujourd'hui.

Une précision, cher François, là-dessus. Un petit codicille pour la formation car maintenant cela suffit. Un certain nombre de vos collaborateurs vous demandent de leur financer des formations, ce qui est un droit. Cela se traduit par une charge pour vous et de surcroît ce collaborateur qui est parti en formation, vous ne l'avez plus. Une fois son examen réussi il vient vous dire merci beaucoup j'étais très heureux avec vous, au revoir. Je souhaite que la collectivité qui a financé la formation puisse imposer trois ou quatre ans de service au fonctionnaire dont elle a financé la formation dans la commune qui est la sienne.

Naturellement tout ceci ne sera pas sans poser des problèmes, des grandes discussions, mais vous voyez bien que nous voulons vous rendre des marges de manœuvre de gestion.

Il reste la question difficile des dotations. Qui croirait si je vous dis « on arrive on va distribuer un argent que l'on n'a pas » ? Personne ne peut le croire. En revanche on peut travailler sur autre chose, c'est-à-dire intéresser les communes qui sont bien gérées et tenir compte du fait que certaines communes sont mal gérées. Ceci ne tient pas compte de la réalité sociale des communes, mais on pourrait parfaitement dire quelles sont les communes qui investissent, regarder les dépenses de fonctionnement en tenant compte du contexte social dans la commune.

Je souhaite un système de dotation entre l'Etat et les communes où il y ait un intéressement à la bonne gestion, selon des critères qui pourraient être négociés entre le futur Gouvernement et l'Association des Maires de France. Quels sont les critères sur lesquels on peut se mettre d'accord ? Le seul critère des dépenses de fonctionnement n'est pas pertinent car si dans ces dépenses vous avez des dépenses de fonctionnement qui explosent car il y a un chômage dû à une réalité sociale douloureuse, on ne peut pas les traiter de la même façon. Il me semble qu'on peut poser les bases de ce partenariat pour créer une nouvelle dotation en intéressant les communes à des critères de gestion dans le cadre d'un partenariat entre l'Etat et ses collectivités.

Il me faut dire un mot sur les dotations de solidarité et de péréquation. Il n'est pas question de remettre en cause le principe de la péréquation mais je souhaite que ce principe soit à penser région par région. C'est-à-dire que la péréquation soit imaginée à l'intérieur d'une même région et non pas entre les régions. Sinon on met des critères qui font qu'on ne va pas enrichir ceux qui n'ont rien et qu'on va ruiner toutes les autres.

Un mot sur la question du logement qui est si prégnante dans vos communes. J'en ai plus qu'assez que l'on parle toujours de logement social. Excusez-moi, chère Isabelle, le logement intermédiaire ce n'est pas un gros mot, le logement des classes moyennes ce n'est pas un gros mot et heureusement que dans vos communes des gens sont propriétaires et ce ne sont pas des voleurs.

Finalement le citoyen français qui ne demande rien, qui ne casse rien, qui ne doit rien, qui travaille, qui est propriétaire, fait la richesse et la force de vos communes et on va le dénoncer. Le jour où il n'y a que des gens qui ne travaillent pas et qui viennent demander des allocations je ne sais pas comment on va financer les allocations que l'Etat, les départements ou les communes distribuent. Sur le logement, il faut que toutes les lois scandaleuses mises en place soient modifiées ou supprimées notamment sur l'analyse des logements sociaux sur le stock alors qu'elle doit être faite sur le flux. Sur le flux, par exemple, 20% sur le logement social, si vous avez construit 10 logements ou 1 000 logements, alors ce sera 20% du flux de l'année et non pas du stock. Sinon cela revient à acheter du prix du mètre carré de manière invraisemblable dans des communes où on ne peut pas le faire.

Deuxièmement je veux vous dire que si ce sont les communes qui payent alors ce sont les maires qui affectent les logements. Si la population n'est pas contente des choix du maire, les électeurs changent le maire et le conseil municipal.

Enfin je voudrais que dorénavant soit analysé comme logement social, non pas ce qui a été financé par du social, mais ce qui est du social. Ce n'est pas le financement qui fait la nature sociale d'un immeuble, comme aujourd'hui, mais l'affectation et le prix. Donc la loi Notre, la loi Alur et la loi sur le rythme scolaire, « au revoir » ! Car l'alternance sera synonyme pour les communes de liberté de gérer.

Un mot sur les départements qui sont dans une situation hallucinante. Faites très attention à la négociation actuelle sur le RSA car on vous propose un mauvais coup.

J'ai voulu la transformation du RMI en RSA pour en faire, non pas simplement un instrument de lutte contre la pauvreté, ô combien nécessaire, mais un instrument d'insertion. Cela a marché pour la lutte contre la pauvreté mais pas pour l'insertion.

Je veux d'abord dire mon attachement au revenu minimum car ici ce n'est pas les Etats-Unis, mais la France. En France quand quelqu'un a un problème on ne le laisse pas par terre, c'est un être humain. Chez les Républicains nous sommes des humanistes et cela veut dire qu'on ne laisse pas tomber les gens en cas de crise. C'est le cas de la sécurité sociale, qui est pour moi un instrument de civilisation, la preuve d'une civilisation et c'est juste. Qu'il y ait un revenu minimum pour celui qui n'a plus rien, je pense que c'est juste.

Le problème ne vient pas du principe, mais de l'immensité des fraudes, du détournement des procédures. De notre point de vue, il est scandaleux que quelqu'un qui ne travaille pas puisse gagner plus que quelqu'un qui travaille. Le problème n'est le revenu de subsistance pour quelqu'un qui a tout perdu ! Nous sommes par exemple contre le RSA jeunes car il peut conduire à ce qu'un agriculteur qui a travaillé toute sa vie et a une retraite de misère ait moins de revenus qu'un jeune de 18 ans qui va par ailleurs très bien à qui on propose un revenu d'assistanat avant même qu'il n'ait demandé à exercer un premier emploi.

Je voudrais vous proposer une réflexion sur la renationalisation du RSA modifié avec une allocation unique, et pas une multitude, qui serait l'addition du RSA, des allocations de logement, de feu la prime pour l'emploi aujourd'hui dans le RSA, et sans doute des allocations locales, gérée par l'Etat, dont c'est le devoir. Cela serait de nature à éviter la faillite totale des départements, et pour l'Etat à assumer ses responsabilités, avec deux règles : que personne ne se retrouve sans rien et dans le cas où une personne refuse une formation ou un emploi on lui coupe les allocations. Tout le monde doit avoir une formation ou un emploi ou alors c'est la retraite. Il y a trois catégories : il y a les retraités, il y a ceux qui souffrent d'un handicap ou d'une maladie et qui ne peuvent pas travailler, et qui bénéficient de l'allocation adulte handicapé et il y a tout le reste en cas de fin de droit à ce revenu minimum, mais qui ne pourront pas refuser un emploi, une formation, ou une activité pour la collectivité.

Il reste deux points que je voudrais évoquer, la question des permis de construire, des règlements d'urbanisme et des contrôles et la question de la sécurité.

Je ne reconnais plus la France. La France doit être le pays de l'innovation, des initiatives, de la créativité, de la force de vie, d'une certaine façon de la joie de vivre.

Aujourd'hui personne n'a le pouvoir de dire oui mais tout le monde a le pouvoir de dire non. Vous les maires êtes en permanence soumis au chantage de la plus petite association de défense de soi-même pour vous empêcher de prendre la moindre initiative au service de l'intérêt de votre commune.

Chacun peut faire un recours devant les tribunaux administratifs : il n'y a pas besoin d'avocat et il n'y a pas de pénalités. Je souhaite qu'il y ait des pénalités pour recours abusif. Je souhaite que le délai de recours contre vos permis de construire soient réduits car aujourd'hui plus personne n'y comprend rien.

On voit que dans la capitale de la France il n'y a pratiquement aucun endroit où il y a des grues alors que c'est pourtant le cas dans toutes les capitales du monde.

Je voudrais défendre cette idée devant mes amis Républicains : ce n'est pas parce que le beau est subjectif que le beau n'existe pas.

Mes chers amis, qui ferait Versailles aujourd'hui ? Qui ferait la Tour Eiffel ?

Quand on a pris des initiatives formidables avec les plus grands architectes du monde, il y a toujours une association qui est contre, ce qui est par ailleurs son droit ! Elle ne doit cependant pas avoir le pouvoir d'empêcher de faire les choses. Car pour développer vos territoires, mes chers amis, il faut prendre des initiatives, des risques, vous devez créer.

Que va laisser notre époque ? Des cubes ?

Aujourd'hui les maires soumis au chantage de tous, préfèrent faire laid mais absolument légal plutôt que créer, imaginer, développer et tirer leurs territoires vers le haut. Nous voulons une France dynamique, créative, innovante. Nous ne voulons pas la France des règlements, de la fonction publique qui enserre et qui empêche tout le monde.

De ce point de vue je souhaite d'ailleurs que les contrôles des chambres régionales des comptes soient des contrôles de légalité et non pas en opportunité. Sur l'opportunité ce sont les élus qui décident. Sur la légalité, ce sont les magistrats qui contrôlent.

Enfin un mot sur la sécurité qui est un sujet absolument considérable pour vous, sur lequel un grand nombre d'entre nous a travaillé. Sur la sécurité, l'alternance se traduira par un premier choix majeur : la redéfinition des missions de la police nationale. La police nationale est aujourd'hui mise à toutes les sauces. A transférer des détenus, là où il serait si simple que les magistrats se déplacent, à faire des contrôles de vitesse sur les autoroutes, etc.

Se pose la question en conséquence des polices municipales. De ce point de vue je souhaite que les policiers municipaux puissent avoir accès aux fichiers de police et qu'ils puissent faire des contrôles d'identité. Je souhaite donc que la police des transports, de la SNCF et de la RATP et que la police municipale puissent avoir accès aux fichiers, puissent faire des contrôles et puissent travailler en commun avec la police nationale et la gendarmerie, chacun à sa place et dans son rôle, mais il me semble que cela garantirait la tranquillité publique également dans vos collectivités.

Je sais que vous êtes inquiets, mais ne soyez pas inquiets pour votre commune seulement. On est inquiets pour la France car la situation de la France n'est que l'addition de la situation de tous les drames de vos communes. Merci d'avoir répondu si nombreux à notre appel.

Le projet qui est le nôtre, sous la tutelle d'Éric Woerth, notre Secrétaire général, et d'Isabelle Le Callennec notre Vice-présidente, nous le voterons le 2 Juillet.

Je voudrais que la prochaine campagne présidentielle ressemble à quelque chose qu'on n'a jamais vu, c'est-à-dire un mandat qui commencerait le premier jour de la campagne. Je ne veux pas que les Français subissent une campagne qui serait une histoire et un mandat qui serait une autre histoire. Le mandat doit commencer le premier jour de la campagne. Servons-nous du brillant exemple de Monsieur Hollande. Les Français ne descendent pas dans la rue contre la loi El Khomri qui ne contient rien, ils descendent dans la rue contre le mensonge. La question n'est donc pas de promettre sans tenir, mais de tout dire avant pour tout faire après. Se servir du rendez-vous de 2017 avec les maires comme avec les autres comme en vérité d'un véritable mandat qui serait donné, pas simplement à une femme ou à un homme, mais que derrière chacun de ce candidat ou de cette candidate il y ait un projet très précis. Le parti qui est le nôtre, la formation politique qui est la nôtre, doit prendre des engagements dont personne ne pourra empêcher la réalisation car ils auront été validés par l'élection présidentielle, la plus importante de nos élections.

Mes chers amis merci de votre attention, merci François de ta présence, merci Jean et Hubert de votre travail.

Bon courage, il me semble que nous allons avoir à travailler ensemble dans les semaines qui viennent.

republicains.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Les Républicains

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